___________0 n e . S h 0 t . __
Feel.ing a.l0ne

Avec Tokio Hotel . 0u pas .








____ » Il est des moments que la vie nous offre . Sans trop savoir pourquoi , ni comment . Entre Joie & Tristesse , ce n'est qu'un fleuve de sentiments qui nous entraine au travers de l'Amour , de l'Amitié . Dans ses entrailles , ses profondeurs . Afin de sombrer , ou de voler .

# Posté le mercredi 20 août 2008 08:12

Modifié le mercredi 20 août 2008 15:50

____ P r e m i e r , T o k i o . H o t e l .__

____ P r e m i e r , T o k i o . H o t e l .__

xxx -_ T.K __x

_____ Elle resserra la ceinture de son Trench autour de sa fine taille avant de fourrer ses doigts rougis par le froid dans ses poches & son nez dans son épaisse écharpe en laine. Il faisait horriblement froid en début d'hiver. Soleil absent, vent décoiffant & nuages débordant de neige. Elle hâta le pas en jettant un coup d'oeil au panneau electronique de la place. Elle n'était pas en avance, ce matin. Et le lycée n'attendait pas. Les nombreux billets d'abscence tamponnés à son nom en témoignaient. o6h37, elle entrait dans les sous-terrains du métro parisien, et comme tous les matins, c'était la cohue. Un homme trop pressé, en costume, lui fonça littéralement dedans, lui faisant faire un demi-tour, avant qu'une autre femme, en tailleur & talons, ne lui fasse la même chose & la remette sur le droit chemin. En plus de ça, une sacoche d'adolescent lui attérit en plein milieu du dos lorsque celui-ci passa à toute vitesse à côté d'elle. Camie ne râla même plus, elle était habituée dorénavant. Elle s'infiltra donc dans la rame du métro treize qui la menait dans la banlieue éloignée.

- C'est parti pour douze stations. Murmura-t-elle pour elle-même, en replaçant quelques mèches rebelles qui s'échappaient de son bonnet.

Elle frissona. Un froid irritant régnait ici, à tel point qu'elle se frictionnait les épaules. En plus, la rame était vraiment bondée en cette heure matinale, s'y tenir debout était un exercice périlleux. Elle scrupta la foule à la recherche d'une place assise mais malheureusement, celles-ci étaient déjà toutes prises par des parisiens somnolants. o6h41, Camie manqua de tomber à la renverse lorsque la métro sarrêta brusquement à une station. Décontenancée, elle se rattrapa tant bien que mal à la barre centrale, qu'elle lâcha presque aussitôt. Sa main s'était posée sur une autre.

- Oh pardon mada.. monsieur. Excusez-moi. Articula-t-elle, en fixant le sol.

_______ x Et ce fut là . _ Dans le métro treize, à o6h42, que ce à quoi elle ne croyait pas se réalisa. L'éléctricité a bien pu se couper, la rama a bien pu déraillé, le bambin que tenait la grosse dame africaine a bien pu cesser de brailler, Camie s'en fichait. Elle ne voyait plus rien d'autre que ces deux perles chocolatés & ce visage angélique. Elle vascilla un instant, son regard ne quittant jamais celui du jeune homme. Une nouvelle fois, elle se rattrapa à la barre & laissa sa main glacée sur celle de son mystérieux inconnu. Il avait la peau douce. Camie semblait déconnectée, comme sous l'action d'un trop fort anti-infllammatoire. Son cerveau ne devait plus fonctionner.

- Tu.. Je.. 'fin, vous êtes beau. Lâcha-t-elle sans savoir pourquoi ni comment.

Ses lèvres avaient bougé d'elles mêmes, ses cordes vocales vibraient toute seule. De quelle couleur étaient ses joues à présent? Rouge ou bleu ?

- La honte. Pensa-t-elle, en se tapant imaginairement le plat du front de sa paume de main. Quelle conne!

Lui, là. Ce jeune adulte, adossé à la vitre trop sale, avec des dreadlocks regroupées sous un bonnet informe gris clair. Lui, lui sourit en coin, faisant briller son piercing au labret dans un reflet. Il y avait eu la foudre, voila l'éclair. Ses yeux s'illuminèrent, il sortit sa main de son baggy trop large avant de la lui tendre à la manière d'un Don Juan moderne.

- Merci du compliment. Tu t'appelles ?

Sa voix grave résonna dans sa tête, en écho. Il avait du charme. Un charme fou, attrayant & déstabilisant. En plus de cela, son visage nétait pas si inconnu que cela à Camie. Elle semblait le connaître, mais d'où ? Est ce que c'était toujours ainsi lorsque l'on rencontrait sa moitié? Peut-être l'avait-elle trop souvent rêvé..? Elle allait lui serrer la main, cordialement, quand l'arrêt brutal la surprit à nouveau. Le temps suspendit ses aiguilles. Le bonheur était en standby. Son coeur, en arrêt. Ses yeux fixant droit devant, un blouson kaki à la fermeture argent métallique. Elle était dans ses bras, collée à son torse, l'esprit ailleurs. Les mains retenues pour le toucher le moins possible, par pudeur & non par envie.

- Bordel, reconnectez mes neurones, ca ne va plus, là.

Un fraction de seconde. Un infime instant, ce Tom referma ses bras autour de ses épaules, comme magnétisé. Il s'était senti obligé de le faire, il n'avait pu lutté. Et Camie implosait. ___ x Piqûre de bonheur . _ Elle se reprit rapidement, se confondit en excuses et se tut pour de bon, confuse.

- Tu ne dois pas y voir grand chose. Souffla-t-il doucement en replaçant sa frange sur le côté.

"Accent craquant", nota-t-elle dans sa liste improvisée des qualités de l'homme parfait, juste après "Mains douces" et avant "Parfum enivrant". Elle l'avait déjà vu auparavant. Mais où ? Mais oùù ?! Dans ses bras, Camie voulait y retourner. Ressentir ce liquide brûlant dans ses veines. Râter encore un battement de coeur. À nouveau faire flageoler ses jambes. Fermer les yeux de plaisir. Elle le voulait encore. Avec ce Tom, cet inconnu. Ce mystère. Encore. Il lui sourit, elle fit de même. Il se rapprocha, elle ne bougea pas. Ils étaient proches, trop proches pour des gens qui ne se connaissent pas. Aimantés l'un à l'autre, absorbés par les regards.

- Je descends à la prochaine. Fit-il.

Coup de tonnerre. Sa phrase claqua dans le froid parisien. Toute chaleur fuit Cami. Tout bonheur la quitta. Tout rêve l'acheva. La prochaine. C'était déjà fini.

- On se reverra. Lui chuchota-t-il à l'oreille en se dirigeant vers la sortie. Il lui frôla la joue de ses lèvres, comme s'il s'était retenu de l'embrasser. A très bientôt, Demoiselle.

Elle aurait voulu lui dire de rester avec elle, dans ce métro treize, puant & non-chauffé. Elle aurait voulu crier au chauffeur d'arrêter tout. La rame, le temps, lui, son bonheur. Elle aurait voulu lui emprisonner la main & lui proposer d'aller boire un café dans le centre parisien. Lui voler un baiser, caresser sa main longue & fine, respirer son parfum, admirer ses dreadlocks. Elle aurait voulu se piquer encore une fois au bonheur. Mais les portes se refermèrent derrière lui. Camie le perdit des yeux, la foule compacte créeant une muraille entre eux. Le métro repartit. Il lui échappa. Camie tapa la vitre de sa tête blonde. Tout reprit. Le gamin recommenca à brailler. Le métro reprit son tremblement habituel. Les aiguilles tournaient au cadran de sa montre. Bonheur enfui. Elle secoua la tête, tentant de se réveiller. Non, ça ne marchait pas. Désillusionée, elle ne se pressa pas pour quitter la rame de ce fameux métro treize, où tout était arrivé. Elle descendit à la station suivante & dès qu'elle mit un pied sur le quai, les larmes lui vinrent aux yeux. Non seulement, elle avait laissé filer ce Tom entre ses doigts, mais en plus elle avait râté sa station. Elle aurait dû descendre à la même que lui. Regrets. Regrets. Putain de regrets. Une larme perla sur sa joue & elle s'engouffra dans le tunnel pour remonter à l'air libre. Elle manquait d'oxygène, oui. Heurtée par le vent trop froid, elle enfonça son bonnet sur ses oreilles & avança vers un arrêt de bus, retenant ses pleurs. Elle se dressa une mine parfaite, ne voulant parler de cela à ses copines puis pénétra, après vingt minutes de marche, dans l'enceinte de son lycée. Billet de retard tamponné à son nom en main, elle entra dans sa salle de classe. Demain, elle reprendra le métro treize, comme tous les autres jours, se persuadant qu'elle allait revoir ce Tom, le sien. S'il le faut, elle l'attendrait, mais elle avait la difficile impression qu'elle l'avait râté. De peu. __ x D'une station de métro .

# Posté le mercredi 20 août 2008 15:47

Modifié le jeudi 21 août 2008 04:46